La bastide d’Eymet

Le terme “bastide” désigne les “villes neuves” qui ont été fondées pour le compte des rois de France ou d’Angleterre durant la période 1150-1350 dans le Sud-Ouest de la France. Celle d’Eymet a été instituée le 28 juin 1270 par Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et frère de Louis IX. En 1279, Philippe le Hardi doit la rendre au roi d’Angleterre. Elle est bâtie sur un plan géométrique ; les îlots sont divisés en parcelles et distribués aux habitants qui doivent construire leur maison dans un délai fixé par les fondateurs.

De façon à visiter les 13 points d’intérêt de la bastide d’Eymet, je vous propose un parcours  à effectuer dans l’ordre ; l’office du tourisme vous remettra un plan et un livret jeu par enfant ; le pont de Bretou (13), inclus dans la marche, est également accessible en voiture.

Une autre manière de découvrir la ville, pour les geocacheurs, la ballade à Eymet, cympaf ; elle est en maintenance jusqu’en septembre 2015.

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La promenade de la Choisille

Bonne façon de capter l’ambiance d’une région qu’on ne connait pas : une petite randonnée au cours de laquelle on découvre aussi bien les paysages que les gens du pays. Celle-ci m’a été inspirée par ma fille lorsqu’elle nous a emmenés au départ de la promenade de la Choisille, rue Tartifume, à Saint-Cyr sur Loire près de Tours. L’ouverture du nouvel espace naturel sensible du val de Choisille (avec plan) a été inauguré le 2 juin 2013.

Il pleut légèrement mais cela ne me gêne pas (précipitations annuelles 2013 : Tours 390 mm ; Aix-en-Provence : 243 mm ; moyenne nationale : 468 mm). La balade commence sur une petite route longeant un champ bien vert. Sur le bord droit, un banc est une invitation au repos ; je croise quelques coureurs qui semblent étonnés que je leur dise bonjour. Ni les promeneurs, ni les randonneurs, ni les Vttistes ne se saluent quand ils se rencontrent, alors qu’en Provence c’est une pratique courante.
Dans un pré en contre-bas de la route, quelques chevaux paissent tranquillement ; la Choisille, affluent de la Loire, encore cachée derrière son rideau d’arbres, bruisse de ses flots abondants après plusieurs jours de pluie. Enfin un plan de la balade (ci-contre à gauche), taggué certes, mais c’est le seul que j’ai sous la main ; je n’ai trouvé un plan sur internet qu’après la balade. C’est uniquement avec la photo de celui-ci que je ferai la boucle ; je n’ai trouvé aucun balisage régulier, parfois quelques traces jaunes pas toujours bien visibles. Au carrefour suivant justement, rien n’indique qu’il faut continuer tout droit.

Aux abords de la rue de la Croix Chidaine (que de croix dans ce coin ! Croix de Pierre, Croix Chidaine, Croix Chaufour, le Crucifix) le bruit de l’eau qui court s’accroît ; c’est celle du bief du moulin à blé de Garot, un des nombreux moulins installés autrefois sur les bords de la Choisille. Il porte ce nom dès 1595. Plus près de nous, les anciens se souviennent qu’après son activité de meunerie, il accueillait des chevaux soignés par des générations de vétérinaires aux pratiques novatrices. Sur les chemins des moulins de la Choisille, la nouvelle république, 1er novembre 2013.

[…] A Saint-Cyr, c’est surtout le vignoble qui prend de l’expansion […] Au 14 et 15è siècle, les moulins de la Choisille approvisionnent Tours en farine, transportée par bateau du port de Saint-Cyr au port de Saint-Julien. La bourgeoisie s’enrichit, elle construit à l’écart de la ville « des maisons des champs », Saint-Cyr est son lieu de prédilection. Site officiel de J.-Y. Couteau, conseiller général et adjoint au maire de Saint-Cyr

Les moutons de la propriété en face plairont aux enfants qui vous accompagnent : ils accourent dès qu’on s’approche et même dès qu’on les regarde ! Coup d’œil au plan car il faut tourner à droite dans la rue de Charcenay. C’est là que je déduis que les piliers bordés de bandes inclinées rouges et blanches de chaque côté de la piste annoncent une voie pédestre. Le cadre du moulin de Charcenay a quelque chose de romantique : les propriétaires ont bordé la rivière de vasques de fleurs, tandis que l’eau coule sur deux côtés de la propriété bien cachée derrière les arbres. Un panneau incitatif invite à la visite du bélier hydraulique du moulin, vestige de l’industrie locale du XIXè.

Les deux moulins à blé de Charcenay sur la Choisille sont cités dans un acte dès 1430,  joignant du levant le cours d’eau et du couchant le chemin de fer de Tours au Mans. Selon le site de Denis Janson
Le bélier hydraulique de Charcenay permettait grâce à l’énergie d’une chute d’eau, d’élever une moindre quantité d’eau vers un point situé plus haut que la source, et ceci dans un mouvement perpétuel ; il alimentait en eau le Château de la Plaine, propriété d’un riche banquier tourangeau.

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** Les mégalithes de la lande de Cojoux

IMG_7813.jpgUn paysage de landes qui m’est totalement inconnu ; l’association Natures et Mégalithes promet de nombreuses curiosités. C’est donc bien tentant de rejoindre Saint-Just en 45mn à partir de Rennes. Le temps est gris, incertain. Le boulanger, juste avant sa fermeture dominicale, me remet gracieusement le carnet de découverte. IMG_7820.jpgIl est midi quand je me mets en route à partir de l’église, construction en schiste et granit du pays. Guettez les flèches vertes du parcours pour ne pas vous perdre !

Construite en 1848 elle [L’église] est bénie en mai 1852. […] la rénovation la plus marquante reste celle de 1928-1930 qui voit l’agrandissement de l’église par le bas-côté. Extrait du site de la mairie de Saint-Just

IMG_7818-500x375.jpgAprès le parking réservé aux handicapés, je traverse le hameau du Châtaignier composé de quelques vieilles maisons, village-rue constitué de longères1. Après une courte montée, je découvre la lande bretonne, vaste étendue uniforme et peu fertile abandonnée depuis longtemps, dépaysante pour moi qui vis en Provence ; rien n’arrête le regard, sauf parfois au détour d’un virage un mégalithe impressionnant ; des bosquets de genêts tout au long du parcours, ponctuent de jaune les vertes prairies ou les pelouses.
IMG_7822.jpgIMG_7902.jpgJe passe à côté du moulin, probablement à grain, le sarrazin étant la seule céréale cultivable sur ce sol acide. Dans un enclos deux chevaux du Poitou, trapus et placides, entretiennent l’espace naturel : ils s’approchent de la clôture à mon approche ; une mare me parait bien incongrue à cet endroit : ancienne carrière abandonnée où le propriétaire venait extraire le schiste pour des constructions locales. Le Conseil Général les préserve pour maintenir l’équilibre de l’environnement.

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Il n’y a pas que dans les Alpes qu’il y a des Demoiselles, blocs de pierre dressés verticalement appelées ici Roches piquées : l’une est en poudingue de Gourin fait de petits galets de quartz, l’autre est en quartz recristallisé et plissé. Mais d’où provient ce quartz puisque nous sommes dans une zone de schistes ? Il n’y en a pas à moins de 3km d’ici, dans les landes de Quily… Ils faisaient peut-être partie d’un alignement de menhirs. Une tradition populaire raconte que ce sont des jeunes filles trop insouciantes qui auraient été transformées en pierre pour avoir dansé sur la lande au lieu d’assister aux vêpres du dimanche. Aux Mées, en Provence, ce sont des moines ayant osé poser leur regard sur des femmes, qui ont été pétrifiés (voir la note sur les pénitents des Mées dans ce blog).

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